"Je vais quand même la recevoir ma lettre de licenciement. Après 40 ans de boite c'est dommage. C'est la fin d'une belle aventure." Michel Bauché habite à Saint-Thurial. Il travaille à La Janais depuis l'âge de 18 ans. Attaché à son usine, il la défend à travers ses engagements syndicaux.
Entré à l’usine à la fin des années 90 en tant qu’ouvrier de ligne, David travaille aujourd’hui à la logistique. A 35 ans, il fait partie de la jeune génération, la plus menacée par le plan social.
Ils s’appellent Pierre Contesse, Sandrine Leclere, Marc Schultz ou Jean-Marie Bertho. Certains arrivent à La Janais, d’autres en partent. Tous ont connu plusieurs sites du groupe PSA et livrent leur vision de l’usine rennaise. Une ambiance familiale, mise à mal par la crise.
L'histoire de Citroën, devenue PSA, est riche en rebondissements. Le groupe a toujours accordé une place importante à son image. En presque cent ans, il compte de nombreux coups publicitaires innovants. Et ce, même en temps de crise...
Face à l’annonce de 1400 suppressions de postes à PSA La Janais et dans un contexte de crise de la filière automobile, les collectivités, de la commune à la région, font entendre leur voix. Mais ces prises de positions ne sont que rarement accompagnées d’actions concrètes.
PSA se vante d’avoir toujours été pionnière en terme d’embauche féminine. Certes, elles ont été des milliers à être recrutées dans l’une des premières grosses entreprises du bassin rennais. Mais l’égalité en termes de promotion sociale et de salaire se fait toujours attendre.
Arrivé en septembre 2011, en pleine période de crise pour l’entreprise, le directeur de PSA Rennes s’est montré plutôt discret depuis. Pourtant, entre sa vision du métier, celle de La Janais et un parcours professionnel rythmé, l’homme a de quoi être bavard.
Créé fin 2012, le comité de soutien aux salariés de PSA souhaite interpeller le territoire sur l’avenir de La Janais. Peu nombreux, ses membres se cherchent encore une capacité d’action. Entre syndicats et politique, difficile de se faire une place sur le terrain de la mobilisation.
Indissociable pendant moins d'un demi-siècle de La Janais et de Citroën, La Barre Thomas fait aujourd'hui partie d'une des 23 sous-traitantes de la région. Propriété de Cooper Standard, l'entreprise a payé, pendant dix ans, la séparation avec PSA au prix fort.
À La Janais, l’intérim a longtemps été la variable d’ajustement de la production. Avec le plan social qui menace ses salariés, PSA a cessé de recourir au travail temporaire. Les intérimaires, premiers concernés par les suppressions d’emploi, sont pourtant souvent oubliés.
Avec la crise qui secoue Peugeot-Citroën, le site de La Janais est sous les projecteurs. PSA a marqué le territoire breton et ses habitants. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? La "famille" PSA La Janais est-elle menacée ?
