En novembre dernier, l'Onyx avait du être remorqué jusqu'à Brest. Deux mois plus tard, il y est toujours.

En novembre dernier, l'Onyx avait du être remorqué jusqu'à Brest. Deux mois plus tard, il y est toujours.

Que faire des deux ferries poubelles actuellement en avarie à Brest ? Une association demande au préfet d'agir.

 Vidéo

L'association écologiste Robin des Bois a demandé au préfet maritime de l'Atlantique
le démantèlement ou le retour dans leur pays d'origine de deux ferries de plus de 40 ans en avarie à Brest, et dénoncé la vente de bateaux européens "au bout du rouleau" aux pays du Sud.
Les deux bateaux, l'Onyx et le Pentalina B, doivent être "remorqués vers la Finlande et la Grande-Bretagne, leurs pays d'origine, ou démantelés dans des chantiers de proximité", a dit Jacky Bonnemain, porte-parole de Robin des Bois.
L'association a dénoncé la vente par les pays du Nord de "navires au bout du rouleau" à des pays du Sud.
"Beaucoup de ces bateaux de plus de 30 ou 40 ans ne sont plus conformes", a ajouté
M. Bonnemain.
Selon lui, "le préfet maritime, qui est un chef d'orchestre du Grenelle de la mer, doit prendre des dispositions pour que l'Onyx et le Pentalina B stoppent leur route", a affirmé le porte-parole de Robin des Bois.
Jacky Bonnemain a également rappelé que la France s'était engagée à un "strict encadrement", voire à une "interdiction", des ventes de navires hors d'âge.
L'Onyx, que Robin des Bois considère comme un "déchet", est un ancien car-ferry finlandais construit en 1966, vendu à un armateur indien. Après avoir appareillé de Vaasa (Finlande) en novembre, il a été remorqué à Brest en décembre après une avarie de propulsion à proximité du rail d'Ouessant, l'un des boulevards maritimes les plus fréquentés du monde. Une partie de l'équipage indien avait fait saisir le ferry pour salaires impayés avant d'être rapatrié.
Le centre de sécurité des navires a dressé une liste de réparations à effectuer à bord du navire avant qu'il ne reprenne la mer. L'ancien ferry est toujours à quai dans le port de Brest.
Construit en 1970, navigant désormais sous pavillon du Cap Vert, le Pentalina B a été victime d'une voie d'eau dans son local machines début janvier, lors de son transfert entre la Grande-Bretagne et son nouveau port d'attache.
Selon Robin des Bois, les naufrages de ferries ont causé la mort de 19.000 personnes
dans les pays du Sud entre 1986 et 2006. "La plupart des bateaux en cause étaient de seconde ou de troisième main", a précisé M. Bonnemain.

Voir notre reportage ci-contre

 

Intervenants : Jacky Bonnemains ( association Robin des Bois ), Anne-François de Saint-Salvy ( Préfet maritime de l'Atlantique).

Des bateaux-poubelles à la pelle

L'Onyx, un ferry finlandais hors d'âge a été remorqué dans le port de Brest après être tombé en panne dans l'Atlantique, avec le risque d'allonger la liste des bateaux abandonnés qui rouillent dans les ports français.
"Ce bateau ne repartira jamais!", s'indigne le président de l'association de défense du milieu maritime Mor Glaz Jean-Paul Hellequin, très critique vis à vis de l'état de délabrement du navire qu'il considère comme un déchet.
L'association de défense de l'environnement Robin des Bois dénombre au total en France une vingtaine de navires abandonnés dans les ports.
En tête du palmarès selon l'association, le port de Brest se voit encombré par 7 bateaux à quai, saisis par la justice, en panne, déroutés pour pollution volontaire ou encore interdits de navigation.
L'Onyx, une coque blanche et noire de 129 mètres construite en 1966 et bourrée d'amiante, est tombé en panne lundi à quelques encablures du très fréquenté rail d'Ouessant. Le ferry a été victime d'une avarie de machine grave lors de son transfert entre la Finlande et la Turquie. Il a été remorqué jusque dans la rade de Brest sur ordre
de la préfecture maritime.
Après inspection, le Centre de sécurité des navires chargé de contrôler 25% des bateaux de passage, l'a jugé hors d'état de naviguer.
"Soit le bateau est apte, soit il est inapte auquel cas, il est immobilisé", explique le chef du centre brestois René Kerebel. Il précise que le navire ne pourra reprendre la mer qu'après réparations.
Selon Jean-Paul Hellequin, ce ferry acheté 1,4 million d'euros, était destiné à la casse en Turquie, mais le prix de la réparation sera probablement jugé trop élevé pour que son propriétaire ne le reprenne, estime-t-il. Selon lui, les affaires maritimes finlandaises sont "responsables" de l'avoir laissé partir du port de Vaasa.
A Brest, rouillent également de vieux cargos de taille moyenne en surnombre sur le marché du fret mondial comme le "Captain Tsarev" en panne machine et le "Matterhorn"
sans fret. Ces bateaux paient comptant les effets de la crise, selon l'Association française des capitaines de navires (AFCAN).
Des petits armateurs exotiques en situation financière délicate n'hésitent pas à abandonner navires et équipages au hasard d'une escale faute de client, explique Jacques Loiseau de l'AFCAN. A cela s'ajoutent les retards dans l'entretien ou les réparations, qui rendent ces rafiots inaptes à la navigation.
Résultat, des centaines de mètres de quai sont squattés. "Cette gêne est dramatique",
commente M. Loiseau qui souligne que ces bateaux ventouses doivent être régulièrement
déplacés pour en charger ou décharger d'autres.  
Restent que ces manoeuvres portuaires et les droits de quai (le prix de stationnement
du bateau) ont un coût. Et à défaut d'adresser les factures à l'armateur ou à son représentant, c'est la Chambre de commerce et de l'industrie de Brest qui avance les frais, explique-t-on à demi-mot à la capitainerie du port qui gère les mouvements des navires.
La solution, selon le président de la CCI, concessionnaire du port, c'est la saisie comme "prise de garantie pour revenir dans nos fonds".
"Mais il faut trouver une procédure d'urgence ou d'exception pour que l'Etat puisse vendre rapidement ces bateaux", réclame Jacques Kühn. "C'est aberrant de devoir
attendre un ou deux ans", conclut-il.


Procès en appel de l'Erika: décision le 30 mars

La cour rendra sa décision le 30 mars dans le procès en appel du naufrage de l'Erika. Tout au long de ce procès qui aura duré sept semaines devant la cour d'appel de Paris,
le groupe pétrolier Total, la société de classification Rina, l'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire du navire Antonio Pollara ont clamé leur innocence, face à des parties civiles exigeant notamment une meilleure reconnaissance de leur "préjudice écologique".
Le naufrage de l'Erika, en décembre 1999 au large du Finistère, avait souillé 400 kilomètres de côtes et mazouté plus de 150.000 oiseaux. La dernière journée a été largement consacrée à la défense de la société de classification Rina.
Ses avocats, comme ceux des autres prévenus avant eux, ont axé leur plaidoirie sur une incompatibilité de la loi française, qui réprime le délit de pollution, avec la convention internationale Marpol, qui vise le capitaine et le propriétaire du navire, mais pas les autres acteurs de la chaîne du transport maritime. Les prévenus, comme c'est l'usage, ont eu la parole en dernier.

Le parquet général a requis la semaine dernière la confirmation des peines d'amende
maximales pour Total, Rina (375.000 euros chacune), MM. Savarese et Pollara (75.000
euros chacun), condamnés en première instance pour délit de pollution.
Il a également demandé une amende de 375.000 euros pour une filiale de Total relaxée
au premier procès, Total Petroleum Services (TPS), qui était selon lui "l'affréteur de fait de l'Erika".
Il a par ailleurs estimé que les prévenus sont "responsables du préjudice écologique, dont on (leur) demande réparation à juste titre".


cliquez ici