Le journaliste Roger Gicquel
France 3Vidéo
Après une grande carrière dans les médias nationaux (lire plus bas), ce Breton d'origine avait achevé son service sur France 3-Ouest, où il animait l'émission hebdomadaire "En flânant", émission évoquant la Bretagne de son enfance. L'émission s'est arrêtée en 1997. Depuis, Roger Gicquel avait poursuivi la ballade en écrivant. Il est notamment l'auteur Tous les chemins mènent en Bretagne (1998) et plus récemment Croisières et escales en Bretagne (2007).
Ecoutez le témoignage de Raymond Boudet, grand reporter de la rédaction de France3 Bretagne, qui a collaboré avec lui durant presque cinq ans dans l'emission "En flânant..."
Emission spéciale Hommage
Emission spéciale Hommage
Présentée par Stéphanie Labrousse
Durée : 13'
France 3 rend hommage à Roger Gicquel, cet homme de télévision à la fois poète, journaliste et ancré en terre bretonne à travers une émission spéciale. Au programme : des interviews, des témoignages d'invités en plateau ou en duplex, et des extraits des meilleurs moments du magazine "En flânant".
Vous pouvez dès maintenant voir cet hommage en cliquant ici
Ce plateau sera suivi de la diffusion du documentaire de 52 minutes réalisé par Nicolas Cahen : "Le Roman de Roger"
Résumé :
Tout le monde connaissait Roger Gicquel, surtout dans l'Ouest où il présenta pendant cinq ans l'émission "En flânant avec Roger Gicquel". Après une riche carrière de journaliste et de producteur de télévision débutée en 1975, l'homme s'était ressourcé sur les bords de la Rance.
A travers le destin romanesque de Roger Gicquel l'homme de télévision, ce documentaire raconte l'histoire d'une époque et de ses bouleversements. De manière vivante et sensible Roger Gicquel a livré un pan de la vie médiatique du pays, sa façon de concevoir le journal télévisé comme un espace de réflexion et de rapprochement entre les hommes. Il s'était retiré sur sa terre d'origine la Bretagne, où il se ressourçait et trouvait les réponses à ses questionnements intérieurs. Face au nivellement culturel et à l'universalisme abstrait, le pays de son père lui offrait un bouillonnement d'initiatives qui aujourd'hui, au coeur de la société contemporaine, cultive ses différences et ses richesses.
coproduction Bleu Iroise / France 3 Ouest
Les réactions
"Pour nous tous, il était à la fois un visage, une voix et un style personnel
qui marqua un moment de l'histoire de la télévision française". C'est la déclaration de circonstance du ministre de la Culture Frédérique Mitterrand dans un communiqué.
"Pour beaucoup d'entre nous, il est l'homme d'une phrase célèbre, la France a peur. Quelques mots pour traduire le 18 février 1976 un pays bouleversé par le meurtre du petit Philippe Bertrand", a-t-il rappelé. "Loin de mettre seulement des mots sur l'effroi, Roger Gicquel, il est important de le rappeler, invitait alors chacun à résister aux envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe", a ajouté le ministre.
Deux autres Bretons de la télévision qui se sont fait un nom à Paris lui ont rendu hommage. "Il avait une profonde humanité. Il aimait les gens. Il a été le premier à personnaliser l'information avec des éditoriaux", a réagi Patrick Poivre d'Arvor, dont Roger Gicquel avait été le directeur de l'information à France Inter en 1972.
Philippe Gildas, dont Roger Gicquel a également été le patron à France Inter, a salué la mémoire d'un "grand journaliste". "Il a apporté beaucoup de sentiment et d'humanité à l'information. Il y mettait tout son coeur et sa personnalité", a estimé M. Gildas, qui fait partie des présentateurs, comme Patrick Poivre d'Arvor, co-animateur des 25e Victoires de la musique.
Jacques Camus fait son éditorial sur le journaliste dans La République du Centre:
"(...) Sans fard, Roger Gicquel prenait l'information à son compte. Il la prenait même à cour. Comme cela a été écrit, Roger Gicquel fut un modèle de compassion triste. On lui a certes reproché son accroche "La France a peur" un soir de février 1976 après l'assassinat du petit Philippe Bertrand. Mais on oublie qu'il avait immédiatement invité les Français à repousser ce sentiment. D'ailleurs, en matière de sensationnalisme, il n'est pas certain que l'info télévisée ait évolué positivement. Le catastrophisme émotionnel inonde (pardonnez-nous l'expression) plus que jamais tous nos JT. Et puis, après avoir abandonné volontairement son fauteuil, fin 1980, Roger Gicquel n'a eu de cesse de se faire oublier quand tant d'autres présentateurs pipolisés se refusent à ne plus exister. Oui, le moment est réellement venu de cathodiser Roger Gicquel, premier pape des messes télévisées."
Biographie: sa carrière "nationale"
Né le 22 février 1933 à Thiers-sur-Thève (Oise), Roger Gicquel est d'abord steward au sein de la compagnie UTA et comédien de 1953 à 1960, avant de débuter sa carrière de journaliste au Parisien libéré en 1961. Il y reste dix ans, puis intègre en 1971 le service d'information de l'Unicef, où il travaillera deux ans en tant que consultant.
Roger Gicquel se fait connaître à la radio en présentant la revue de presse de France-Inter (1968-1973), où il devient grand Reporter à partir de 1969. Directeur de l'information à l'ORTF de 1973 à 1974, Roger Gicquel invente un nouveau style de JT, très personnalisé, lorsqu'il devient présentateur vedette du journal de 20 heures sur TF1. Il reste célèbre pour sa phrase d'ouverture du journal de 20 heures le 18 février 1976 : "La France a peur", qui soulignait l'émotion provoquée par le meurtre du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry. Après six ans de collaboration avec la première chaîne, las d'occuper la même fonction et gêné par sa célébrité, Roger Gicquel décide d'arrêter le JT en 1981. Il ne quitte pas l'audiovisuel pour autant.
Producteur de documentaires d'actualité, il tient une chronique sur Europe 1 jusqu'en 1982. De 1983 à 1986, il produit et anime l'émission "Vagabondages" sur TF1, au cours de laquelle il reçoit des personnalités du monde socio-culturel. Disparaissant de nouveau du petit écran, il retourne à la radio, en tant que chargé de la revue de presse du week-end sur France-inter, de 1987 à 1994.



