La famille d'un résistant fusillé en 1944 proteste contre la décoration décernée à Edouard Leclerc en décembre 2009.

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Une légion d'honneur contestée ?

La famille d'un résistant breton fusillé en 1944, François Pengam, a écrit un courrier à la Légion d'honneur pour protester contre la décoration en décembre d'Edouard Leclerc, détenu six mois à la Libération, dans une affaire de dénonciation d'un groupe de résistants.
Dans un courrier collectif adressé le 5 mars à la Grande chancellerie de la Légion d'honneur, évoqué par l'Express, les proches de François Pengam s'interrogent sur le fait que "la République décore un homme qu'elle a elle-même reconnu irresponsable de ses actes". "Nous souhaitons vous manifester notre profond désarroi devant la remise de la Légion d'honneur à M. Edouard Leclerc le 14 décembre (2009) à l'Elysée" par Nicolas Sarkozy, ont ajouté les 19 signataires de la lettre.
Edouard Leclerc, âgé de 17 ans et demi, avait été arrêté à Landerneau et interrogé à plusieurs reprises par le service du renseignement des FFI concernant la dénonciation d'un groupe FTP (Francs tireurs partisans), des résistants finistériens.

Suite à ces révélations, l'historien Christian Hamon qui a travaillé sur la période, a voulu remettre les choses au point. En effet, il a eu accès aux dossiers de certains protagonistes de cette période, des dossiers qui prouvent que ce n'est pas Edouard Leclerc qui a dénoncé François Pengam fils. Le père du jeune résistant fusillé l'a lui même dit dans une déposition à la police en date du 24/03/1945. Il avait été arrêté quelques heures avant son fils:

 

« J’ai la certitude que l’arrestation de mon fils a été décidée sur dénonciation de l’un des jeunes gens qui ont été arrêtés au cours de la même nuit. » (voir la vidéo)

 

Un certificat de complaisance ?
Le journaliste rennais Bertrand Gobin diffuse sur son site internet depuis plusieurs semaines une enquête où il affirme qu'Edouard Leclerc a été libéré en 1945 après six mois de détention, sur la base d'un certificat médical le reconnaissant "irresponsable de ses actes". Mais selon Bertrand Gobin et l'Express, le certificat était "complaisant", et fruit des efforts en particulier de la famille d'Edouard Leclerc pour le faire libérer.

Dans un communiqué de presse publié ce mercredi, Edouard Leclerc qui est aujourd'hui âgé de 83 ans a dénoncé "la publication sur Internet de pseudo-révélations sur (son) passé à la Libération", annonçant qu'il allait "poursuivre en diffamation les propagateurs de ces calomnies".
"A plusieurs reprises (...) j'ai eu à subir de telles attaques personnelles remettant en cause ma probité et la qualité de l'ordonnance motivée du commissaire du gouvernement de la cour de justice de Quimper du 6 février 1945 qui m'a lavé de telles accusations", a déclaré M. Leclerc. "A chaque fois, la justice a condamné ceux qui à mon égard ont tenu des propos malveillants", a-t-il ajouté.

De son côté, la nièce de François Pengam, Marianne Lucas, a déclaré que sa famille "n'était pas dans un état d'esprit de revanche". Elle a souligné la nécessité d'effectuer un travail de mémoire, sans "refaire l'histoire mais pour rester dans la vérité".
La famille du jeune chef résistant de Landerneau fusillé le 27 mai 1944 et dont le corps n'a jamais été remis aux siens, poursuit ses recherches des restes de leur aïeul décoré de la Croix de guerre avec palmes et de la Médaille de la Résistance, à titre posthume.

Sur le web...

Le blog de Bertrand Gobin

 

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L'article de l'Express

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Le site de la famille Pengam

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Réponse d'Edouard Leclerc à l'Express

REPONSE DE MONSIEUR EDOUARD LECLERC A L’EXPRESS

Prétendant « dévoiler » des documents dont il est soutenu qu’ils attesteraient de mon « passé trouble » sous l’occupation, l’Express a consacré plusieurs de ses colonnes à relayer et réitérer des allégations qui, à plusieurs moments de ma vie, sont venues prendre quelques libertés avec la vérité historique, le plus souvent sur fond de rivalités commerciales ou familiales.

Je tiens donc, une fois encore, à apporter les précisions suivantes :

1. Les documents reproduits par l’Express sont publiés et publics depuis 1975 et ne

contiennent aucune révélation.

2. Tous les témoignages cités sont ceux là même qui ont nourri la thèse développée par le

CIDUNATI dès 1975 et par mon frère Michel en 1986.

3. Cette thèse refuse obstinément d’admettre qu’il a été jugé, à la libération, qu’il n’existait pas contre moi de charges et que je n’étais pas responsable du drame de l’exécution du jeune résistant François PENGAM.

4. Je n’ai jamais fait mystère d’avoir été soupçonné et emprisonné à tort – comme bien

d’autres français – à la fin de la guerre.

5. Je n’ai jamais non plus caché qu’un officier allemand, profitant de mon jeune âge –

j’avais alors 17 ans – et de mes visites exclusivement justifiées par le souci de mes deux

frères déportés, a cherché à obtenir de moi des renseignements.

6. Sur Procès Verbal dressé par les FFI le 4 septembre 1944, j’ai expliqué comment j’avais trompé cet officier allemand en citant des noms de personnes dont tout me portait à croire qu’elles ne pouvaient avoir le moindre lien avec la résistance.

7. Rien ne permet de prétendre, ni l’enquête, ni mes propres déclarations aux FFI, ni la

décision motivée du Commissaire du Gouvernement me lavant de tout soupçon le 19

février 1945, que j’aurais dénoncé le jeune François PENGAM, que je ne connaissais

d’ailleurs pas, ou tout autre résistant.

8. A la libération, j’ai choisi de m’installer avec ma femme à Landerneau et d’y démarrer

ma vie professionnelle, ville où Pierre BRANELEC, cité comme l’un de mes accusateurs,

a été mon premier employeur en 1947, avant de devenir mon fournisseur puis mon

concurrent.

9. Personne à Landerneau, ni Pierre BRANELLEC, ni la famille PENGAM, ni quiconque

n’a jamais cherché à faire ré-ouvrir ce dossier, notamment de 1945 à 1953, date de la loi

promulguant l’amnistie des mineurs.

10. Par quatre fois, en 1976, 1977, 1987 et 1988, la justice a déclaré coupables de diffamation ceux qui, s’appuyant sur les mêmes documents que ceux qui sont à nouveau produits aujourd’hui, avaient soutenu mon implication dans la mort du jeune François PENGAM.

11. Je comprends évidement que la famille de François PENGAM, si douloureusement

frappée, éprouve le besoin légitime de connaître les circonstances précises du crime dont

il a été victime. Je ne peux en revanche accepter d’être aussi injustement désigné comme

le responsable de ce drame.


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